L’abattoir

Pour votre gouverne

One hour
23 rue Servan
75011 Paris

Ligne 9 : Station Voltaire
Lignes 2 et 3 : Station Père Lachaise

https://www.one-hour.fr

Notre équipe ayant toujours fait preuve d’honnêteté envers vous, nous devons vous avouer avoir longuement hésité avant de répondre favorablement à la très gentille mais néanmoins sadique invitation de One hour… En effet, sur les trois membres composant notre petit groupe, deux tiers s’avèrent être des mauviettes n’ayant aucune envie de ressentir la moindre once de peur et ce, malgré le fait qu’il s’agisse d’une enseigne que nous aimons d’amour. Autant vous dire que le tiers restant a légèrement tendance à se sentir comme Will dans la troisième saison de Stranger Things… Au cas où vous n’auriez pas la référence, contentez-vous de savoir qu’il s’agit d’un personnage incompris qui n’a d’autre solution que de prendre son mal en patience… La seule personne vaillante de notre équipe s’est donc retrouvée en tête-à-tête avec elle-même jusqu’à ce que les moins valeureux d’entre nous trouvent le courage nécessaire pour pénétrer dans L’abattoir.

Trêve de blabla inutile… Surtoutquetoutlemondesenfout ! Dans le cas où vous trépigneriez d’impatience à l’idée de vous enfermer dans un lieu que nous avons délibérément évité pendant près de huit mois, n’oubliez pas de venir accompagné… Comprenez ici que, plus vous êtes nombreux, plus vos chances de survie sont élevées.
Afin que vous puissiez risquer votre vie dans les meilleures conditions possibles, One hour propose de visiter les lieux au prix de 22€ à 50€ par personne. Libre à vous de crier en duo, trio, quartet ou quintet et, bien entendu, de choisir le jour et l’heure de votre éventuel décès. Souvenez-vous qu’il faut ce qu’il faut pour défendre son bout de gras… Au sens propre !
Quoi qu’il en soit, tâchez de ne pas oublier l’un des avertissements les plus utile qui ait été donné dans un film : « The question isn’t who am I… The question is where am I » !

Le scénario ?

Voilà quelque temps que tout à chacun a tendance à disparaître dans le quartier, et ce, sans laisser de trace… Louche ! En outre, d’étranges bruits se font entendre aux abords d’un ancien abattoir censé être totalement abandonné… Encore plus louche ! Pour couronner le tout, des sacs Cadaveroo ont été retrouvés, tâchés de sang, en ces lieux… Vraiment très louche !

Malgré le fait que la maréchaussée soit déjà sur le coup, vous et votre équipe êtes réquisitionnés afin de lui prêter main forte et ainsi découvrir le pot aux roses. Là où le bât blesse, c’est que cet abattoir ne semble pas aussi inoccupé qu’annoncé… Une vague histoire de boucher paraît-il…

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Et tout le toutim…

Compte tenu de la canicule environnante, c’est tout en eau, la raie servant de gouttière, que nous découvrons, à seulement quelques mètres du plus grand cimetière parisien, le nouveau local de One hour. Bien que l’envie de faire demi-tour soit encore présente dans certains esprits, nous sommes une nouvelle fois comblés par l’accueil qui nous est réservé ! Le calme avant la tempête…
Dans le mille Émile ! En effet, notre hôte du jour décide rapidement de nous conduire dans un second espace d’accueil qui s’avère, pour cause de décor sanguinolant, être bien moins chaleureux que le précédent. Comme vous vous en doutez, c’est au sein de cet endroit que notre game master, déjà dans son rôle, décide de nous exposer le scénario. Fini la rigolade ! Adieu pauses pipi et autres discussions autour d’un petit verre… Il est maintenant temps de parler disparitions, abattoir et hémoglobine !

Sans que nous ayons le temps de réfléchir à quoi que ce soit, les aléas de la vie nous amènent à enfiler un tote bag Cadaveroo sur le tête et à pénétrer dans l’abattoir à la queue leu-leu tout le monde s’éclate. Notre hôte nous envoie à la mort mais, comme il est sympa, il nous donne quand même un téléphone afin de nous aider à distance. Nous apprécions le geste…

Nous voilà dans l’antre le plus répugnant qui soit… Les pièces que nous découvrons sont aussi sales et petites que les toilettes à la turque d’une aire d’autoroute. De plus, une présence quelque peu dérangeante nous pousse à longer les dits murs. C’est ballot !
Ne passons pas par quatre chemins en ce qui concerne l’ambiance et les décors, nous sommes enfermés dans un abattoir et nous risquons, à tout moment, de finir en pâté. Aucun d’entre nous ne doute de la crédibilité des événements.

Malgré la situation loin d’être rassurante, nous tâchons de nous bouger les miches. La fouille, très sommaire, ne nous prend que quelques secondes mais la résolution de la première énigme, pourtant très simple, ne s’avère pas facile pour autant. Nous sentons clairement que nos capacités de réflexion et d’exécution sont mises à l’épreuve. Soyons clairs, il ne s’est quasiment rien passé et nous faisons déjà pipi dans notre culotte.

À force de communication et de coopération, nous mettons à mal les premiers pièges du boucher et accédons à de nouvelles salles où les décors, plus aboutis les uns que les autres, ne nous mettent pas franchement l’eau à la bouche. Si cette salle avait une odeur, il s’agirait probablement de celle de l’haleine d’un chien au petit matin mais, contrairement à ce que vous pourriez croire, nous sommes bien loin d’avoir les dents du fond qui baignent… La crasse environnante n’a que peu d’importance face à la compagnie du boucher.

Compte tenu de la tension instaurée par ce dernier, même la plus simple des énigmes nous prend énormément de temps. Est-il réellement utile de vous expliquer à quel point la non-gestion de nos émotions entrave la connexion de nos neurones ? Alors que deux d’entre nous ont déjà envie de se faire la malle, les autres se donnent corps et âmes pour tourner la situation à notre avantage.

Au fur et à mesure de notre avancée, la pression ne cesse de monter… L’ambiance sonore n’y est d’ailleurs pas pour rien. Autant vous dire que nous ne sommes vraiment pas aidés !
Nous parvenons toutefois à nous sortir les doigts et réussissons les épreuves une à une. Voilà qui tombe à pic puisque l’une d’elles, liée à une manipulation, nous demande d’être plus réactifs que de coutume.

Pour notre plus grand bonheur, toutes les énigmes, parfaitement équilibrées entre mécanisme, réflexion et manipulation, sont en totale cohérence avec le scénario. Malheureusement, le boucher fait en sorte de perturber le bon fonctionnement de notre groupe. Soyons francs, dans cet abattoir où aucun timer ne vient perturber notre immersion, chacun de nous serait prêt à trahir sa mère, ou ses copains, pour sauver sa peau.

S’en suit ce qui suit… Un troisième membre de notre équipe perd ses moyens jusqu’à ne faire plus qu’office de présence tel Jon Snow dans la dernière saison de Game of Thrones. Il n’y a donc plus trois mais seulement deux cerveaux en activité. Au pifomètre, ça commence à sentir mauvais !
Malgré tout, le rythme s’accélère… Les décors prennent une petite teinte rougeatre quelque peu inquiétante et l’espace de jeu devient complètement labyrinthique. Nous pouvons dire adieu à notre sens de l’orientation !

Le boucher, loin d’être là pour nous compter fleurette, ne cesse de rôder… Nous sommes sous tension jusqu’au dernier moment mais, grâce aux intrépides de la bande, nous trouvons le moyen d’échapper au propriétaire des lieux et parvenons à nous enfuir après 66 minutes et 02 secondes d’agréable cruauté…

L'abattoir

Après délibération du conseil

Pas la peine de tergiverser… L’abattoir de One hour est une salle exceptionnelle ! Compte tenu de sa réputation, nous attendions énormément de cet escape game et devons vous avouer avoir été plus que comblés. À l’heure où nous écrivons ces mots, nous n’avons toujours pas trouvé à redire…

En effet, l’immersion proposée dans L’abattoir est d’une qualité incroyable. Les décors, angoissants au possible, sont si aboutis que même Stephen King prendrait ses jambes à son cou. Nous voulions de la crasse, du sang et la pénombre… Nous avons été servis !
De plus, les différentes étapes du jeu, de par leur cohérence avec le scénario, n’ont fait que renforcer l’ambiance dans laquelle nous étions plongés. Impossible de chercher la petite bête, l’histoire tient la route et, si vous réussissez à faire abstraction du boucher, les énigmes ne vous poseront pas de grosse difficulté.

Afin de terminer en beauté, nous souhaitons plus que tout souligner le talent du game master qui a su nous terroriser dans les règles de l’art. Ce dernier, toujours dans les parages, a su ajuster ses interventions à notre anxiété. Il a également pris en compte notre niveau de jeu en nous faisant subir une version un peu plus difficile. Que dire si ce n’est que One hour fait très fort en proposant différentes fins alternatives capables de s’adapter à chaque équipe.

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que recommander L’abattoir à toutes celles et ceux qui aiment se faire peur dans la joie et la bonne humeur…

Bulletin scolaire

Décor :5
Fouille :2
Réflexion :3
Difficulté générale :4